N’ayant pas grand chose à faire (il ést fortément déconseillé de s’aventurer à Johannesburg en ces temps où la xénophobie s’extériorise par la violence physique), je me mets à blogger et à lire les magazines que mon hotel a méticuleusement mis sur ma table de nuit. Le premier est très orienté immobilier et m’intéresse peu (je ne me vois pas en train de visiter des propriétés en vue de l’acheter à Johannesburg), le second correspond plus à mon centre d’intérêt et s’intitule “business traveller africa”- livraison du mois d’avril 2008. Suis-je moi-même un business traveler? je ne pense pas mais l’hotel semble viser ce genre de clientèle à en juger par l’aménagement de la chambre: écran plat, un bureau et une connexion WI-FI, le nécessaire pour se faire sa propre tasse de café ou de thé, une pomme tous les jours méticuleusement encadré par un miroir/tableau (il paraît que l’hotel est connu dans le monde entier pour ses pommes, qui soit-dit-en passant sont toujours fraîches et délicieuses) …. …

Mais revenons à notre magazine.

Est-ce que le magazine parle de Madagascar? Optimistement, je feuillete le magazine en me disant que Madagascar doit être une destination des CEO et autres cadres qui voyagent actuellement en Afrique de par les gros projets miniers et autres efforts entrepris par l’EDBM pour attirer de l’investissement direct étranger… Donc, parcourant les 80 pages, je me retrouve à la fin du magazine avec un pincement au coeur: aucune mention de Madagascar. Par contre, des dossiers sur le Botswana, Johannesburg et le Maroc y figurent, ainsi que des revues d’hotels se trouvant à New Delhi (dont je n’arrive pas à comprendre pourquoi figure-t-il dans ce magazine), à Johannesburg,du côté Zimbabwe du Victoria Falls… Et bien sûr comme on est en Afrique du Sud, un dossier à part sur un terrain de golf (je me demande combien de terrains de golf ils ont ici…)… Donc, aucun hotel à Madagascar n’y figure. Même le Morog n’roll qui sélectionne quatres restaurants qui reflètent la cuisine africaine ne mentionne pas de restaurant malgache. (je ne débattrai pas de l’appartenance de Madagascar à l’Afrique)

Où veux-je en venir?

Personnellement, je trouve que le magazine choisit bien son réseau de distribution en mettant le magazines dans les chambres d’hotels dont la clientèle principale est le voyageur d’affaires. Vu qu’il y a beaucoup de publicités ou d’articles qui s’apparentent à des publicités dans le magazine, j’imagine que ce magazine se finance par la publicité pour son édition (comme le faisait à une époque le magazine Go To Madagascar).

Ramenons cela à quelques magazines que les différentes organisations à Madagascar publient.

Go To Madagascar auparavant distribuait auprès des opérateurs, des représentations diplomatiques, et autres entités…Depuis récemment, les 18 numéros peuvent être téléchargées en ligne, (je n’ai pas trouvé les numéro 2 toutefois).. Il n’a pas été facile de les trouver, mais avec un peu d’effort, j’ai pu récupérer tous les fichiers PDF en-ligne (merci à firefox+downthemall)

De son côté l’ONTM publie “Info Tourisme” mais dont le site web ressemble plus à une publicité pour la société qui a produit le magazine qu’à une prolongation du magazine lui-même.

L’ORTANA en est actuellement à sa troisième livraison de son magazine Ny Ambanilanitra (qui, soit dit-en passant met bien en valeur les atouts de la région analamanga)

Notre compagnie aérienne nationale a depuis longtemps publié son magazine Orchid dont la qualité des photos m’a toujours fasciné.

Bref, il semblerait que la publication de magazine soit actuellement la voie prise par ces organismes, et ils arrivent à produire assez régulièrement.

A ce stade, je ne peux m’empêcher de faire l’analogie avec la publication de sites web: à priori on arrive à publier (magazine ou web), mais quid de la distribution?Quel lectorat visent-ils?Bref, du point de vue marketing: est-ce que le circuit de distribution de ces magazines est conforme avec le lectorat visé? Ou bien, est-ce que le circuit de distribution est établi avec les acteurs avec qui on a l’habitude de travailler?